Une nouvelle méthode de suivi de la perte de zones humides par télédetection

Un groupe de chercheur du LEGT-Rennes (UMR 6554) vient de publier, dans la revue Wetlands, les résultats d'une étude portant sur la surveillance à échelle fine et sur le long terme de la déperdition des zones humides. Ces résultats ont été obtenus grâce à une nouvelle méthode combinant notamment des données LiDAR et des photos aériennes du site.   

Sébastien Rapinel, Simon Dufour, Laurence Hubert-Moy (LETG-Rennes) et Bernard Clément (ECOBIO) ont donc mené une étude sur la Zone atelier Armorique, avec l'objectif de cartographier et suivre la disparition de zones humides à une échelle fine en couplant des données LiDAR (altitudes mesurée précisément par un laser aéroporté) et des photographies aériennes historiques basées sur une typologie fonctionnelle qui identifie :

- Les zones humides potentielles : emprise maximale des zones humides avant les dégradations anthropiques.

- Les zones humides effectives : en bon état écologique.

- Les zones humides efficaces : correspondantes à une fonction principale donnée (dénitrification, valeur patrimoniale…).

- Les zones humides dégradées : originellement humides mais ayant perdu ce caractère suite à des aménagements anthropiques (drains, remblais, etc.…).

 

Délimitation théorique des zones humides suivant l'approche Potentiel, Existante, Efficace, Dégradée. (Rapinel et al. 2017)

Les chercheurs ont appliqué la méthode suivante : 

  • identification des limites des zones humides potentielles à partir des données LiDAR (normalisées par rapport à l'altitude du réseau hydrographique).
  • identification des zones humides effectives et dégradées à l'aide des photographies aériennes historiques acquises (1952, 1978 et 2012).
  • caractérisation des différents types de perte de zones humides selon l'occupation du sol, la période, la superficie et le contexte géomorphologique.

Avec cette méthode, les limites des zones humides ont pu être identifiées automatiquement à l’échelle 1:5000 avec une précision supérieure à 88%. Ces premiers résultats révèlent deux grands types de dégradation de zones humides :

  • les remblais de voies de communication dans les petites vallées et effectués dans les années 1950;
  • les cultures céréalières mises en place dans la vallée du Couesnon depuis les années 1980.

Cette nouvelle approche fournie une carte détaillée des limites externes et internes des zones humides ainsi qu'une carte de la perte de celles-ci sur le long terme. Ces résultats soulignent que les zones humides dégradées doivent être considérées comme des sites dans lesquels des actions d'ingénierie écologique peuvent être menées afin de reconquérir la ressource en eau et la biodiversité.

De plus, la méthode développée apparait opérationnelle les données LiDAR étant disponibles dans le RGE ALTI de l'IGN, de même que les photographies aériennes historiques. 

Pour en savoir plus

- References de l'article dans la base documentaire du Pôle-relais

- Extrait de l'article sur le site de la revue Wetlands - Site de la revue Wetlands

- Site internet de l'UMR 6554 (LEGT)

  • Contact

- Sébastien RAPINEL - LEGT-Rennes