Services rendus par les zones humides - N. Maughan

La notion de « services écosystémiques » : une perspective d'avenir pour la gestion et la valorisation des cours d’eau et des zones humides en zones urbaines ?

Par Nicolas Maughan (Université de Provence)

 

Le rôle vital qu’ont joué les cours d’eau et les zones humides pour la naissance des cités et leur développement a changé. A la fin du XXe siècle, la plupart des usages liés à l’eau ont presque totalement disparu et les hydrosystèmes urbains sont devenus pour beaucoup de simples exutoires bien souvent uniquement résumés en termes de nuisances. Avec ces changements, ils se sont trouvés mis à l’écart de la dynamique urbaine, les services que procuraient ces espaces aux habitants et qui légitimaient leur présence, ayant été totalement oubliés. Cependant, avec le développement de la thématique des « villes durables », la mise en place par la France d’un MEA adapté aux spécificités des écosystèmes de métropole et des territoires d’Outre-mer, mais aussi parce que ces milieux font de plus en plus l’objet d’études pluridisciplinaires, une réflexion sur la notion de « services écosystémiques » appliquée aux hydrosystèmes urbains dans le but d’optimiser leur restauration et leur gestion semble pertinente. En effet, la mise en valeur de ces grands services peut faire le lien entre les objectifs divers des acteurs locaux car la prise en compte de l’écologie du cours d’eau et des zones humides, qui conduirait à un fonctionnement écologique de la ville au bord de son fleuve et à une harmonie entre images et usages de celui-ci, si elle existe, est encore éloignée.

Le cas de la rivière urbaine Cadière et de ses zones humides périphériques (Bouches-du-Rhône)

Ce petit cours d’eau méditerranéen situé à l’Ouest de l’agglomération Marseillaise, serpente au sein d’un bassin versant fortement anthropisé avant de se jeter dans l’étang de Bolmon. Au fil du temps, avec la disparition des usages traditionnels un glissement progressif a été observé vers une vision de ces milieux aquatiques qui a privilégié l’usage des services « à caractère social » mais aussi une amplification de l’usage de services dis de « régulation » comme la fonction auto-épuratrice. En effet, on peut observer un cours d’eau transformé en axe central et nauséabond d’évacuation d’une quantité toujours croissante d’effluents avec, à son embouchure, un étang en cours d’eutrophisation, réceptacle clos de l’ensemble des déchets du métabolisme urbain. Finalement, à la fin du XXème siècle la Cadière s'est vue assigner deux uniques fonctions: celle d’exutoire et celle, pour le moins contradictoire, de lieu de loisirs (Maughan, 2011).
Les mesures environnementales prises suite à la mise place de la DCE ont permis de commencer à restaurer la qualité écologique de l’hydrosystème et de quelle manière cette évolution peut être l’occasion de présenter aux gestionnaires, aux élus mais aussi riverains, les services écosystémiques rendus puis de les valoriser. Une telle démarche peut aider ces milieux à retrouver une certaine légitimité au sein des paysages urbains des agglomérations dont ils font partie intégrante.

 

(1) Millennium Ecosystem Assessment : « l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire »
(2) Directive Cadre Européenne sur l’Eau

 

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Références bibliographiques

  • Maughan N. 2011. Analyse de l’évolution des usages de l’eau et du rôle des hydrosystèmes urbains à travers la notion de « services rendus par les écosystèmes » : l’exemple de la rivière Cadière (Sud-est de la France) du milieu du XVIIe siècle à nos jours. Revue du Nord, Numéro spécial, Actes du 3ème Colloque International du GHZH, in press.
     
  • Maughan N. La notion de « services rendus par les écosystèmes » : une perspective d’avenir pour les hydrosystèmes urbains ?. Géocarrefour, soumis.

 

Contact

Nicolas MAUGHAN
Université de Provence
LATP UMR-CNRS 6632
 

 

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