PNR du Vexin français

Région (s) Ile de France
Département (s) Yvelines
Val-d'Oise
Superficie 65670 ha
Nb communes 99
Nb habitants 98400
Adresse Maison du Parc - 95450 Théméricourt
Telephone 01 34 48 66 10
Site web www.pnr-vexin-francais.fr

Le paysage zones humides

Le territoire du Vexin français est situé sur un vaste plateau calcaire ceinturé de rivières, entaillé de grandes vallées et dominé par des buttes boisées.
Les zones humides ne sont pas prégnantes sur le territoire, mais n’en constituent pas moins un réseau essentiel.
Ces zones humides sont essentiellement présentes en fond de vallée (bas marais alcalins, roselières, forêts alluviales et prairies humides mésohygrophiles) et sur les versants ou sur le plateau sous forme de petites sources (tourbières acides boisées relictuelles) qui surgissent à mi-pente ou au pied des buttes. Ces résurgences sont dues à la présence de couches d’argile imperméables à un niveau topographique particulier dans les couches calcaires ou sableuses laissant filtrer l’eau de pluie.
Il existe également quelques bas-marais sur les hautes terrasses alluviales de la Seine.
Les zones humides les plus importantes ont été classées en ENS, ce qui représente environ ¼ des zones humides du Vexin : les marais de Frocourt (60ha), de Rabuais (70ha) et de Boissy (20ha), ainsi que l’étang de Vallière (25ha). Ces quatre sites ont été classés par le Conseil Général du Val d’Oise. 

Les problématiques

Entre agriculture et peupleraies, des zones humides menacées
Le territoire du PNR du Vexin français est caractérisé par une activité agricole importante, recouvrant 70% du territoire, et de nature plutôt intensive. L’utilisation de produits phytosanitaires combinée à l’arasement des haies et à un relief marqué (présence de buttes et de vallées) entraîne des problématiques d’érosion des sols et de pollution des nappes et des zones humides situées en fond de vallée. Les éléments fertilisants, tels que les nitrates, parviennent sur les zones humides par ruissellement, et sont à même de provoquer des phénomènes d’eutrophisation, responsable de l’accélération de la dynamique végétale et du comblement du milieu.
Les enjeux hydrauliques sont forts dans le Vexin, à la fois en terme de pollution et de lutte contre le ruissellement. Plusieurs puits de captage pour l’alimentation en eau potable ont été fermés en raison de la qualité de l’eau impropre à la consommation.
D’un autre côté, on constate un abandon du pâturage en fond de vallée, sur les prairies humides. Ces dernières sont soit délaissées et vouées à s’enfricher, soit drainées et converties en peupleraies. Ce dernier phénomène paraît être généralisé sur le territoire du Parc, ces plantations représentant environ 70% des fonds de vallées. Les peupleraies ont surtout supplanté les prairies humides ces cinquante dernières années. La tendance semble s’être cependant ralentie, du fait que ces plantations n’ont pas encore été exploitées et que le marché subit une très forte concurrence des pays de l’Est. Les plantations de peupliers persistent toutefois aujourd’hui, dans la mesure où il existe encore des subventions de l’État pour la populiculture. Le Parc soutient financièrement et techniquement aujourd’hui l’effacement des peupleraies (Cf. Fiche Action « Conversion des peupleraies en milieu ouvert »).

Entre maîtrise foncière et propriétés privées
Une partie des sites les plus importants de zones humides du PNR, en terme de surface et d’intérêt écologique, a été classée en ENS. Quatre ENS concernant ce type de milieux se trouvent dans le département du Val d’Oise. Des actions de restauration et de valorisation sont mises en œuvre sur ces sites dans le cadre de cette politique.
En ce qui concerne les autres sites, les possibilités d’intervention du Parc se concentrent sur les zones humides en maîtrise foncière par les communes. Le Parc peut intervenir financièrement au niveau de l’acquisition, mais également techniquement en cas de projet d’aménagement sur une zone humide. C’était le cas par exemple pour les marais de Frocourt et du Rabuais (avant leur classement en ENS) où des travaux de réouverture des milieux par coupe de ligneux et étrépage ont été réalisés, avant de mettre en place une convention de pâturage pour l’entretien des milieux.
En revanche, sur les sites en propriétés privées, le Parc est relativement dépourvu de moyens d’action. Cette situation est d’autant plus compliquée que les ¾ des zones humides sont privées. Des atlas du patrimoine naturel sont en cours de réalisation sur les communes du Parc. Un tel outil permet de recenser les zones humides, et de les porter à la connaissance des élus afin qu’ils puissent les prendre en compte dans leurs projets d’aménagement, voire prendre des mesures pour les protéger. L’atlas est un outil d’aide à la décision et non un outil opérationnel en tant que tel pour préserver les zones humides.
Afin d’inciter les particuliers à restaurer les zones humides de leurs propriétés, le Parc a convenu en Comité Syndical de financer à hauteur de 60% les projets de restauration de milieux naturels à intérêt patrimonial (les zones humides font toutes partie de cette catégorie). Le taux fixé se doit d’être relativement élevé car les demandes des privées sont peu nombreuses.
Le Parc justifie son intervention sur les zones humides par la clé d’entrée « préservation de la ressource en eau ». Étant donné le contexte du territoire, les pressions exercées par l’agriculture et les enjeux sur la qualité de l’eau, les zones humides ont un rôle à jouer dans la préservation de la ressource en eau, de par leurs fonctionnalités écologiques (capacité d’épuration, zones tampon…). Cependant, un important travail de sensibilisation auprès des élus et des habitants locaux reste à faire, pour retravailler l’image parfois négative des zones humides.

Le Parc face à l’agriculture intensive
Afin de réduire les pollutions d’origine agricole, problématique forte sur le territoire du Vexin, le Parc mène un travail en collaboration avec les agriculteurs locaux afin de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires. Le Parc réalise également un travail de sensibilisation auprès des élus des communes et des privés afin de les inciter à ne plus (ou moins) employer d’engrais ou de pesticides dans les espaces publics ou les jardins privés. En effet, même si l’utilisation pour ces espaces est moindre en terme de surface, les produits sont souvent mal dosés et employés de manière trop fréquente.
Une gestion globale de la ressource en eau doit être mise en place sur les bassins versants. En effet, il est nécessaire de réduire à la source l'utilisation des produits plutôt que de mettre en place uniquement des actions curatives.
L’agriculture a également des impacts au niveau du ruissellement dans la mesure où la destruction des haies lors des remembrements agricoles a augmenté les risques d’érosion. Sur le bassin versant de la Montcient, une commune particulièrement sujette à cette problématique a fait l’objet d’aménagement d’éléments paysagers permettant de lutter contre le ruissellement, dont un réseau de mares (Cf. Fiche Action « Les mares, aménagements de maîtrise des ruissellements »).
 

Les autres actions listées

♣    Restauration de marais par déboisement et étrépage et mise en place de conventions de pâturage avec des éleveurs de chevaux Camarguais et de vaches Salers
♣    Partenariat de co-gestion des ENS avec le CG du Val d’Oise
♣    Atlas communaux
♣    Effacement de peupleraies
♣    Travail avec les agriculteurs pour la réduction des produits phytosanitaires
♣    Sensibilisation des élus et des locaux à l’utilisation des produits phytosanitaires dans les espaces communaux et jardins
♣    Aménagements de lutte contre le ruissellement