PNR des Caps et Marais d Opale

Région (s) Nord-Pas-de-Calais
Département (s) Pas-de-Calais
Superficie 132000 ha
Nb communes 152
Nb habitants 186000
Adresse BP 22 - Le Wast- 62142 Colembert
Telephone 03 21 87 90 90
Site web www.parc-opale.fr

Le paysage zones humides

Le PNR des Caps et Marais d'Opale est issu de la fusion de deux Parcs (PNR du Boulonnais et PNR Audomarois), qui s'est opérée en mars 2000. Les actions étant plus particulièrement développées auparavant sur la partie du Boulonnais, la nouvelle Charte a recentré les interventions autour de l’Audomarois.

Les zones humides du Parc sont constituées de petites zones humides en arrière littoral, de mares bocagères, de la basse vallée de la Slack, de vallées alluviales et de marais isolés : Audomarois, Condette et Guines. Les prairies humides sont peu présentes en vallées car ces dernières sont très encaissées, mais davantage à proximité des marais.
La densité des mares est plus importante dans le secteur du Boulonnais (ouest du Parc), à cause d’un réseau hydrographique dense, un substrat argileux et une activité agricole orientée vers l’élevage (mares domestiques ou d’abreuvement). Dans l’Audomarois, les mares sont moins présentes, mis à part sur le pourtour du marais et sur le plateau des landes.  

Les deux forts pôles d'attraction et d’actions du Parc sont le littoral (en particulier sur le Site des Caps) et le marais Audomarois :
* Le site des deux Caps
Ce site de 2500 ha sur 7 communes, géré par EDEN62, a été classé « Grand Site National » en mars 2011. Ce site qui attire environ 800 000 personnes par an, est victime de son succès. Première destination touristique de la Région, il fait l’objet d’une sur-fréquentation.
Le Parc participe à "l'opération Grand Site National des deux Caps", financée par l'Union Européenne à 50% (FEDER), en partenariat avec le Conseil Général du Pas-de-Calais, la Région, le Conservatoire du littoral (propriétaire), EDEN62 (gestionnaire) et les élus, afin d’organiser au mieux possible l’accueil des touristes tout en visant à protéger le site. Le PNR intervient au niveau de l’animation, la coordination de l’opération, la communication et la négociation avec les communes. Afin de conforter sa position, le Parc a inscrit l’animation de ce label comme un des objectifs de sa nouvelle charte.

* Le marais Audomarois
Dernier marais maraîcher de France, ce site de 3726 ha présente un paysage artificiel aménagé par 700 km de canaux (170 km de rivières et 560 km de fossés appelés « Watergang » ou « Wateringues »), au tracé tantôt sinueux, tantôt rectiligne, et organisé dans un réseau de parcelles dont un peu plus de 400 ha en maraîchage.
Cette zone humide permanente, la plus grande au niveau régional, présente une mosaïque de paysages : prairies humides, fosses de tourbage (Romelaëre), rivières sinueuses, bois tourbeux, roselières, mégaphorbiaies, les îles du marais Ouest, le marais maraîcher de St Omer… Afin de préserver ce patrimoine naturel, plusieurs secteurs ont été acquis par le Parc et les Conseils Généraux du Nord et du Pas-de-Calais, notamment la réserve naturelle du Romelaëre.

Les problématiques

Entre pression humaine…
Le territoire du Parc est soumis à une pression humaine importante du fait de l’urbanisation de grands pôles de développement situés dans un périmètre proche. Le périmètre du Parc est encerclé de grandes agglomérations : la Communauté d’Agglomération de Saint Omer (CASO) à l’ouest, Boulogne-sur-Mer à l’Est et Calais au Nord (ces deux dernières communes sont extérieures au Parc). Lille, Cambrai et Aras sont également des pôles urbains importants à proximité du territoire du Parc.
Le Parc est également localisé au niveau d’un secteur stratégique pour les communications humaines et matérielles entre l’Europe et la Grande-Bretagne, au niveau du détroit le plus fréquenté au monde (500 navires par jour, 22 millions de voyageurs par an). La proximité de la Belgique, des Pays-Bas et de la région parisienne engendre également des flux touristiques importants, pour lesquels des axes de communication structurants ont été mis en place.
La fréquentation humaine est donc importante sur le territoire du Parc. Elle doit toutefois se concilier avec le fait que le Parc constitue un des principaux réservoirs de la biodiversité régionale.
La présence humaine et l’urbanisation étant importants, il est plus difficile aujourd’hui de trouver de nouveaux espaces à préserver.

… et abandon de l’espace et des usages
En opposition à cette concurrence pour l’occupation de l’espace, le Parc n’échappe pas comme beaucoup d’autres secteurs à la déprise agricole, et plus particulièrement au déclin de l’activité maraîchère, pourtant traditionnelle sur le marais Audomarois. Les parcelles les plus difficiles et les moins accessibles sont abandonnées et vouées à s’enfricher, ou utilisées pour d’autres usages, notamment les activités de loisirs. Face à la difficulté du travail et la rentabilité de l’activité maraîchère, on constate une diminution des surfaces agricoles et du nombre d’agriculteurs(1), même si cette tendance n’a plus été observée en 2011 et 2012. En revanche, le maintien de la production est généralement le signe que l’activité a su évoluer et est restée compétitive. Sur la quarantaine de maraîchers du marais Audomarois, seul une dizaine ont adhéré à la Marque Parc et seulement trois produisent sous le label Agriculture biologique. L’activité maraîchère, aussi intensive soit-elle, permet de préserver le paysage et de maintenir le réseau hydraulique (canaux). Le Parc a par ailleurs noté la présence de certaines espèces floristiques patrimoniales sur des parcelles d’agriculture intensive où la gestion hydraulique préserve des eaux profondes.
L’objectif du Parc est donc de contribuer au maintien de l’activité maraichère et de travailler avec ces agriculteurs afin de les sensibiliser et de convenir avec eux (à défaut d’une agriculture « durable ») de pratiques agricoles ayant le moins d’impact possible sur les milieux.
Un groupe de travail du Marais Audomarois a été mis en place dans cette optique en 2001, afin d’avoir une approche globale des enjeux de cette zone humide et de concilier environnement et activités humaines (Cf. Fiche Action « Préservation du Marais Audomarois et de l’activité maraîchère).

Les mares sont également victimes de l’abandon, lié plus particulièrement à la perte d’usages. Autrefois, ces milieux d’origine naturelle ou artificielle étaient entretenus car ils présentaient un intérêt fonctionnel pour les habitants : abreuvoir pour le bétail, intérêt pour la chasse, bassin tampon contre les inondations, défense contre les incendies…
Afin de préserver cet habitat permettant un développement important de la biodiversité, le Parc mène depuis 2000 un « Programme mares ». Ce dernier permet de financer des opérations de restauration ou de création de mares, et recherche à redonner un usage à ces dernières afin de garantir leur entretien. (Cf. Fiche Action « Préservation des mares).

(1) : En 1936, on pouvait compter 400 maraîchers sur le marais Audomarois. Ils ne sont aujourd’hui plus qu’une quarantaine. Beaucoup sont partis travailler à la cristallerie d’Arques ou pour d’autres occupations plus rémunératrices.

Les autres actions listées

♣    « Opération Grands Caps » pour concilier préservation des espaces naturels du site des deux Caps et fréquentation touristique
♣    Stratégie globale et concertée sur le Marais Audomarois
♣    Projet d’inscription du Marais Audomarois au label « Man and Biodiversity » de l’UNESCO
♣    Élaboration d’un « Contrat de Marais »
♣    Co-animation du Groupe de travail « Marais Audomarois »
♣    Lutte contre les espèces invasives, dont les ragondins
♣    Restauration des berges et chemins d’accès du marais
♣    Marque Parc pour certains producteurs du Marais Audomarois
♣    Projet de construction d’une « Maison du Marais », guichet unique
♣    Projet d’une « Approche environnementale de l’urbanisme » du Marais Audomarois, pour donner plus de cohérence et d’homogénéité dans les documents d’urbanisme
♣    Programme mares
♣    Recensement des mares
♣    Participation au « Groupe Mares Nord-Pas-de-Calais » depuis 2005
♣    Rédaction de guides techniques
      o    Guide technique pour l’entretien des milieux naturels dans les zones humides
      o    Guide technique de la mare
      o    Guide technique des droits et devoirs en zone humide 
      o    …
♣    Propriétaire et gestionnaire de la Réserve Naturelle Nationale du Romelaëre
♣    Assistance technique aux collectivités propriétaires des 4 autres réserves
♣    Essai de reconversion de terres cultivées en prairies (Appel d’offre de l’Agence de l’Eau)