PNR des Boucles de la Seine normande

Région (s) Haute-Normandie
Département (s) Eure
Superficie 81000
Nb communes 72
Nb habitants 78000
Adresse BP13 - 76940 Notre Dame de Bliquetuit
Telephone 02 35 37 23 16
Site web www.pnr-seine-normande.com

Le paysage zones humides

Le territoire du Parc des Boucles de la Seine Normande est un plateau crayeux séparé en deux par la Seine : au nord le Pays de Caux et au Sud le plateau du Roumois.
A l’est, se dessinent une succession de boucles de la Seine, proches sur le plan géologique et historique, mais ayant évolué différemment :
♣    La boucle de Roumare, en périphérie directe de Rouen, est encore essentiellement agricole et comporte un massif domanial important,
♣    La Boucle d’Anneville : profondément marquée par les extractions de matériaux, la boucle reste très industrielle,
♣    La Boucle de Jumièges est davantage à vocation touristique (présence de l’Abbaye de Jumièges, de la Route des Fruits, de la base de loisirs et d’un golf…) malgré la présence d’une carrière en eau,
♣    La Boucle de Brotonne est essentiellement occupée par la forêt du même nom.

A l’ouest du Parc se trouvent le Marais Vernier, la Vallée de la Risle et l’Estuaire de la Seine, ce dernier étant inscrit en Réserve Naturelle Nationale gérée par la Maison de l’Estuaire.
Le long de la Seine, différents affluents (dont la Vallée de la Risle), génèrent des prairies humides et inondables. Le Parc est opérateur de 4 sites Natura 2000, couvrant essentiellement les zones humides de la vallée.

Le Marais Vernier fait figure de site emblématique : 5000 ha de roselières, de prairies humides et de tourbières. Cet amphithéâtre abrite la première tourbière de France et le seul étang naturel de Haute-Normandie (la Grand’Mare). Une partie du marais est classée en Réserve Naturelle Nationale (dite « du Marais Vernier »). Le marais fait cependant l’objet d’une forte déprise agricole, qui a généré des acquisitions foncières par le Conservatoire du Littoral, le Conservatoire des Sites, l’Association des courtils de Bouquelon, le Parc… L’activité cynégétique y est très présente.

Le Marais Vernier et la Tourbière d’Heurteauville (170 ha, ENS) font partie des zones humides les plus intéressantes au niveau biodiversité et patrimoine naturel. Cependant, en termes d’urgence au vu de la rapidité de dégradation, une priorité est aussi donnée à d’autres secteurs tels que la Boucle d’Anneville.

Les zones humides représentent une part importante des milieux et un enjeu majeur pour le Parc, dans la mesure où elles recouvrent 20% du territoire.

 

Les problématiques

Un territoire soumis à de fortes pressions économiques
Le Parc a été créé à l’origine sous le nom de « PNR de Brotonne » afin de maintenir une coupure verte (la forêt domaniale de Brotonne) entre les deux grands pôles industriels et urbains du Havre et de Rouen. Sa constitution en 1974 a également permis de contenir le développement de ces pôles afin de préserver les espaces naturels.
En effet, de fortes et multiples pressions se concentrent sur le territoire et s’imposent à la fragilité des milieux. Les activités industrialo-portuaires, les industries lourdes de Lillebonne-Gravenchon, les pressions urbaines économiques et foncières de Rouen et du Havre (les deux premières villes de Haute-Normandie), présentent de forts enjeux économiques complexifiant les actions positives en faveur des zones humides. Il est rare qu’un territoire de Parc ait à assurer la coexistence entre des activités portuaires et industrielles si fortes et un patrimoine naturel si riche.
Le Parc s’attache néanmoins à travailler avec les Ports de Rouen et du Havre ou avec les carriers sur certains projets où il existe des convergences d’intérêt. Le Parc mène également avec ces acteurs un programme de reconquête paysagère de la Boucle d’Anneville (Cf. Fiche Action « Reconquête Paysagère de la Boucle d’Anneville »).

L’agriculture fait également partie des activités économiques exerçant une pression sur le territoire du Parc dans la mesure où elle est de nature intensive. Les exploitations agricoles du Parc sont généralement d’importantes structures de polyculture/élevage dont les produits sont destinés à l’export. Il s’agit d’une agriculture industrielle qui n’éprouve pas le besoin de se développer au niveau local (filières courtes, Marque Parc…). Les circuits courts fonctionnent majoritairement pour l’arboriculture, le long de la Route des Fruits.
Le Parc est animateur des MAET sur le territoire. Il a œuvré au développement de mesures sur les prairies humides, y compris hors réseau Natura 2000, financées par l’Agence de l’Eau Seine Normandie (action similaire à la « Stratégie ZAP » menée par le PNR de la Forêt d’Orient(1) ).

Des zones humides au cœur du territoire et des actions du Parc
Depuis le changement de nom de « Parc de Brotonne » en « Parc des Boucles de la Seine Normande », la logique a évolué du maintien d’un « poumon vert » à la recherche d’un équilibre centré autour de la Seine, ses ressources naturelles et culturelles. Les zones humides sont devenues un axe fondamental dans la politique d’action du Parc. Depuis les boucles de la Seine aval jusqu’à la réserve naturelle, en passant par la région du Marais Vernier et la vallée de la Risle, elles forment une continuité entre Rouen et l’estuaire. La vallée de la Seine et ses problématiques ont donc été replacées au cœur des enjeux du territoire et forgent aujourd’hui l’identité même du Parc.
Avec 21% de sa superficie en zones humides (soit plus de 10 fois la proportion nationale), le Parc affiche depuis la révision de la Charte en 2001, une véritable politique en faveur de ces milieux. Pour la première fois depuis sa création, les enjeux sur les zones humides sont clairement établis et les moyens financiers pour réaliser les actions déployés. Au sein de la Charte, l’objectif n°2 « Ménager le territoire par une gestion adaptée des milieux naturels et des paysages » comprend un volet de 10 pages « Les zones humides, une priorité pour le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine normande ».
Différentes orientations y sont développées : connaissance des zones humides du Parc, gestion directe par le Parc de zones humides pour son propre compte ou pour le compte de tiers, mise en place de protections administratives supplémentaires, mise en œuvre d’un programme de reconquête et de reconversion (reconquête des anciennes carrières, désenvasement de la Grand’Mare du Marais Vernier, réhabilitation de populicultures en prairies…), collaboration participative avec les acteurs locaux (agriculteurs et chasseurs sont les principaux partenaires en zones humides), développement d’une pédagogie spécifique aux zones humides et à l’eau…

Afin d’agir en faveur de la préservation et de la valorisation des zones humides, et de manière à être au plus proche des problématiques locales et des acteurs, le Parc a mis en place en 2003 une cellule de suivi et d’actions (appelée DROZHERA à l’origine, elle est devenue une CATEM(2) en 2009). Cette dernière est animée par 7 chargés d’étude au Parc (Cf. Fiche Action « Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Milieux).

Une stratégie particulière d’auto-gestion
Pour son compte ou pour le compte d’autres structures (conventions de gestion avec l’État, des collectivités ou des particuliers), le Parc gère directement environ 400 ha de zones humides d’importance majeure. Le Parc a défini sur ces sites, généralement abandonnés par l’agriculture, un modèle de gestion basé sur la mise en place d’un pâturage extensif à l’aide de races rustiques dont il est propriétaire. Cette politique d’auto-gestion est développée dans la Fiche Action « Auto-gestion des sites ».

(1) : Cf. Fiche Action « Préservation des prairies humides hors Natura 2000 » du PNR de la Forêt d’Orient
(2) : Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Milieux

Les autres actions listées

♣    Portage d’une Cellule Zones Humides
♣    Désenvasement de la Grand’Mare
♣    Campagnes de restauration de mares
♣    Réaménagement des anciennes carrières
♣    Expérimentation « Des tas dans des trous »
♣    Travail avec les Grands Ports Maritimes et les carriers
♣    Travail avec le Groupement d’Intérêt Public Seine Aval (GIPSA) pour redonner de l’espace de liberté à la Seine
♣    Effacement de peupleraies
♣    Animation des MAET du territoire
♣    MAE sur les prairies humides du Parc (même hors réseau Natura 2000)
♣    Travail de valorisation et de sauvegarde des arbres têtards
♣    Stratégie d’auto-gestion sur certains sites
♣    Intégration du volet « Zones humides » dans l’approche touristique du territoire
♣    Animations pédagogiques spécifiques aux zones humides et à l’eau dans le cadre de l’action générale sur l’éducation