Plan d'eau

Le terme « plan d’eau » est très général et englobe de nombreux milieux, tels que les étangs, les retenues, les lacs, ... Le Service d'Administration Nationale des Données et Référentiels sur l'Eau (SANDRE) apporte une définition des plans d’eau :

« Les plans d’eau désignent une étendue d’eau douce continentale de surface, libre stagnante, d’origine naturelle ou anthropique, de profondeur variable. Ils peuvent posséder des caractéristiques de stratification thermique.

Le terme plan d’eau recouvre un certain nombre de situations communément appelées lacs, retenues, étangs, gravières, carrières ou marais. Les définitions rattachées à ces différentes situations sont nombreuses et font souvent référence à des usages ».

Typologie référentielle

Les lacs

En limnologie, un lac est, de manière générale, une grande étendue d'eau entourée de terre, où il suffit que la profondeur, la superficie, ou le volume soit suffisant pour provoquer un dépôt de sédiments ou une stratification (une seule condition remplie suffit à lui donner ce statut. (Laurent Touchart, « Qu'est-ce qu'un lac ? », Bulletin de l'association de géographes français, CNRS, vol. 4,‎ décembre 2000, p. 320)

Selon le SANDRE, « Un lac est un plan d'eau situé dans une dépression naturelle où la durée de séjour des eaux et la profondeur sont suffisantes pour définir une zone pélagique et où s'établit, du printemps à l'automne, une stratification thermique stable. »

Il n’y a donc pas de critère de superficie pour définir un lac, néanmoins les lacs se caractérisent par une origine naturelle, une supericie généralement supérieure à l'hectare et une profondeur de plusieurs mètres permettant une stratification thermique de l’eau sur des périodes allant de la journée à la saison. Les bordures peuvent être colonisées par la végétation créant une zone humide, par opposition à la majorité de la surface appelée zone d’eau profonde et à la zone pélagique, définie comme l’eau qui n’est ni à proximité des rives, ni à proximité du fond.

Source image : Parc Naturel Régional du Queyras

 

Les étangs

Selon le SANDRE, "un étang est un plan d'eau d'origine naturelle ou artificielle, de faible profondeur sans stratification thermique stable. Il est alimenté essentiellement par son bassin pluvial".

Une définition complémentaire est présente dans le SANDRE : « masse d'eau continentale dont l'accumulation est parfois naturelle mais plus souvent artificielle. Dans la plupart des cas, sa vocation première est ou a été piscicole. La faible profondeur ne permet pas de stratification thermique et rend possible un développement de la végétation fixée sur toute son étendue ».

La stratification thermique des étangs, si elle n'est pas stable peut durer plusieurs jours en fonction des conditions météorologiques (vent notamment).

 

Retenues artificielles

Selon le SANDRE, « Une retenue est un plan d'eau artificiel à vocation spécifique : hydroélectricité, soutien des étiages, irrigation, alimentation en eau potable. Généralement ces plans d'eau sont caractérisés par une profondeur irrégulière et un niveau variable (marnage).

Les retenues sont sujettes à des variations importantes de niveaux d’eau (marnage) peu favorables à la végétation aquatique et amphibie. En revanche, la mise à découvert de vasières en fin d’été attire les oiseaux sur leur voie migratoire.

Selon la circulaire n°91-50 1991, "Masse d'eau créée artificiellement par un barrage (digue) située ou non sur un cours d'eau. Peut avoir les caractéristiques de stratification thermique et de développement de la végétation s'apparentant à celle d'un lac ou d'un étang.

Le fonctionnement général de ces retenues (bilan énergétique, concentration en nutriments, bilan en oxygène…) est fortement influencé par le fait que les sorties d'eau se font généralement par le fond et non pas par la surface comme pour les lacs naturels.

 

Plans d'eau issus de l'exploitation minérale

Lacs de gravières

- Une gravière est un plan d'eau d'origine artificielle créé par extraction de granulats et alimenté essentiellement par la nappe phréatique. Masse d'eau créée par l'extraction de granulats dans la plaine alluviale d'un cours d'eau et alimentée principalement par la nappe alluviale (circulaire n°91-50 1991).

Lacs de carrière

- Une carrière est une exploitation d’extraction à ciel ouvert (Le petit Robert, 1992). Un lac de carrière est le remplissage de la carrière en fin d'exploitation, principalement par les eaux de pluie. Les apports par écoulement souterrain sont généralement très faibles car les roches extraites sont peu perméables.

 

Typologie réglementaire

Il existe plusieurs textes et réglementation spécifiques aux plans d'eau qui proposent des définitions des plans d'eau basées sur d'autres critères.

Circulaire DCE 2005/11 relative à la typologie nationale des eaux de surface

La circulaire DCE 2005/11 relative à la typologie nationale des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau, eau de transition et eaux côtières) en application de la directive 2000/60/DCE du 23 octobre 2000 du Parlement et du Conseil établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau propose une typologie nationale des plans d’eau, qui est reprise dans le référentiel SANDRE.

La circulaire précise : "La typologie nationale des plans d’eau est basée sur leur origine, anthropique ou naturelle, sur la notion d’hydro-écorégion et des critères physiques correspondants, sur la morphologie de la cuvette et, pour certains types, sur le fonctionnement hydraulique. La superficie n’a pas été retenue parmi les critères morphologiques. Cette typologie est applicable à l’ensemble des plans d’eau directement concernés par la Directive-Cadre sur l’Eau, c’est-à-dire ceux dont la superficie est supérieure à 50 ha, et peut être étendue aux plans d’eau de plus petite taille entre 20 et 50 ha."

La typologie nationale des plans d’eau comprend 3 sous-divisions, la typologie des plans d’eau naturels, la typologie des plans d’eau d’origine anthropique (hauteur de barrage importante) et la typologie des plans d’eau d’origine anthropique (creusement ou aménagement d’une digue). 30 libellés sont ainsi déterminés.

 

Les masses d’eau- plans d’eau DCE

La Directive cadre sur l’eau précise la définition des masses d'eau-plans d'eau, qu'elle appelle masses d'eau de type "lac" : il s'agit d'une "masse d'eau intérieure de surface stagnante".

Par défaut, tout plan d'eau de superficie supérieure à 50 ha est considéré comme masse d'eau. Chacun de ces plans d'eau représente donc une unité d'évaluation de l'état écologique et chimique et l'échelle à laquelle l'atteinte ou non de l'objectif sera appréciée. La France totalise 439 plans d’eau d’une surface supérieure à 50 hectares (ONEMA, 2010)

 

Nomenclature IOTA relative aux plans d’eau

Dans la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6 , définie dans l’article R 214-1 du Code de l’Environnement, un plan d’eau permanent ou non de superficie supérieure à 0.1 ha est soumis à déclaration. Pour une superficie égale ou supérieure à 3 ha, il est soumis à autorisation (rubrique 3.2.3.0).