Plan d'eau

Le terme « plan d’eau » est très général et englobe de nombreux milieux, tels que les étangs, les retenues, les lacs, ... Le Service d'Administration Nationale des Données et Référentiels sur l'Eau (SANDRE) apporte une définition des plans d’eau:

« Les plans d’eau désignent une étendue d’eau douce continentale de surface, libre stagnante, d’origine naturelle ou anthropique, de profondeur variable. Ils peuvent posséder des caractéristiques de stratification thermique.
Le terme plan d’eau recouvre un certain nombre de situations communément appelées lacs, retenues, étangs, gravières, carrières ou marais. Les définitions rattachées à ces différentes situations sont nombreuses et font souvent référence à des usages
».

Les plans d’eau peuvent être implantés de manière collinaire ou déconnectée d’un cours d’eau, en dérivation d’un cours d’eau, en barrage sur un cours d’eau. La description du plan d’eau concerne :
- les caractéristiques générales du plan d’eau, c’est à dire l’identification, la localisation, la morphologie, le fonctionnement hydrologique, les aspects légaux, les intervenants liés au plan d’eau, les usages,
- les caractéristiques générales du bassin versant.

Les lacs

Selon le SANDRE, « Un lac est un plan d'eau situé dans une dépression naturelle où la durée de séjour des eaux et la profondeur sont suffisantes pour définir une zone pélagique et où s'établit, du printemps à l'automne, une stratification thermique stable. »

Il n’y a donc pas de critère de superficie pour définir un lac, néanmoins les lacs se caractérisent souvent par une grande profondeur et une superficie importante permettant une stratification thermique de l’eau. Les bordures peuvent être colonisées par la végétation créant une zone humide, par opposition à la majorité de la surface appelée zone d’eau profonde et à la zone pélagique, définie comme l’eau qui n’est ni à proximité des rive ni à proximité du fond.
Les lacs peuvent être d’origine naturelle (verrous glaciaires, essentiellement en montagne) ou bien d’origine artificielle : retenues, pour stocker de l’eau à des fins de consommation, d’électricité, de régulation des crues.

Les étangs

Selon le SANDRE, "un étang est un plan d'eau d'origine naturelle ou artificielle, de faible profondeur sans stratification thermique stable. Il est alimenté essentiellement par son bassin pluvial".

Une définition complémentaire est présente dans le SANDRE : « masse d'eau continentale dont l'accumulation est parfois naturelle mais plus souvent artificielle. Dans la plupart des cas, sa vocation première est ou a été piscicole. La faible profondeur ne permet pas de stratification thermique et rend possible un développement de la végétation fixée sur toute son étendue ».

Autres plans d’eau

Le SANDRE définit également d’autres plans d’eau :

« Une retenue est un plan d'eau artificiel à vocation spécifique : hydroélectricité, soutien des étiages, irrigation, alimentation en eau potable. Généralement ces plans d'eau sont caractérisés par une profondeur irrégulière, un niveau variable (marnage) et une masse d'eau homogène. (réseau de bassin RMC) Les retenues sont sujettes à des variations importantes de niveaux d’eau (marnage) peu favorables à la végétation aquatique et amphibie. En revanche, la mise à découvert de vasières en fin d’été attire les oiseaux sur leur voie migratoire.
Masse d'eau créée artificiellement par un barrage (digue) située ou non sur un cours d'eau. Peut avoir les caractéristiques de stratification thermique et de développement de la végétation s'apparentant à celle d'un lac ou d'un étang (circulaire n°91-50 1991).

- Une gravière est un plan d'eau d'origine artificielle créé par extraction de granulats et alimenté essentiellement par la nappe phréatique. (réseau de bassin RMC)
Masse d'eau créée par l'extraction de granulats dans la plaine alluviale d'un cours d'eau et alimentée principalement par la nappe alluviale (circulaire n°91-50 1991).

- Une carrière est une exploitation d’extraction à ciel ouvert (Le petit Robert, 1992) ».

Circulaire DCE 2005/11 relative à la typologie nationale des eaux de surface

La circulaire DCE 2005/11 relative à la typologie nationale des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau, eau de transition et eaux côtières) en application de la directive 2000/60/DCE du 23 octobre 2000 du Parlement et du Conseil établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau propose une typologie nationale des plans d’eau, qui est reprise dans le référentiel SANDRE.

La circulaire précise : "La typologie nationale des plans d’eau est basée sur leur origine, anthropique ou naturelle, sur la notion d’hydro-écorégion et des critères physiques correspondants, sur la morphologie de la cuvette et, pour certains types, sur le fonctionnement hydraulique. La superficie n’a pas été retenue parmi les critères morphologiques. Cette typologie est applicable à l’ensemble des plans d’eau directement concernés par la Directive-Cadre sur l’Eau, c’est-à-dire ceux dont la superficie est supérieure à 50 ha, et peut-être étendue aux plans d’eau de plus petite taille entre 20 et 50 ha."

La typologie nationale des plans d’eau comprend 3 sous-divisions, la typologie des plans d’eau naturels, la typologie des plans d’eau d’origine anthropique (hauteur de barrage importante) et la typologie des plans d’eau d’origine anthropique (creusement ou aménagement d’une digue). 30 libellés sont ainsi déterminés.


Consulter la circulaire

Les masses d’eau- plans d’eau DCE

La directive cadre sur l’eau précise la définition des masses d'eau-plans d'eau, qu'elle appelle masses d'eau de type "lac" : il s'agit d'une "masse d'eau intérieure de surface stagnante".

Par défaut, tout plan d'eau de superficie supérieure à 50 ha est considéré comme masse d'eau. Chacun de ces plans d'eau représente donc une unité d'évaluation de l'état écologique et chimique et l'échelle à laquelle l'atteinte ou non de l'objectif sera appréciée. La France totalise 439 plans d’eau d’une surface supérieure à 50 hectares (ONEMA, 2010)

Nomenclature IOTA relative aux plans d’eau

Dans la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6 , définie dans l’article R 214-1 du Code de l’Environnement, un plan d’eau permanent ou non de superficie supérieure à 0.1 ha est soumis à déclaration. Pour une superficie égale ou supérieure à 3 ha, il est soumis à autorisation (rubrique 3.2.3.0).

Consulter la nomenclature (article R.214-1 du Code de l'Environnement)

Les inventaires disponibles sur les plans d’eau en France : l’étude Bartout et Touchard (2013)

La définition du plan d’eau retenue dans cette étude est : « collection d’eau stagnante, d’origine naturelle ou anthropique, retenu dans une cuvette ou derrière un barrage, permanent ou en eau en toute période hors vidange, d’une superficie supérieure à un are, qui est le seuil de taille retenue par les chercheurs travaillant sur les décomptes à l’échelle planétaire ».

L’étude relève que le recensement officiel de tous les plans d’eau du territoire français n’a jamais été fait, et que les chiffres avancés (généralement autour de 34 000 plans d’eau douce) constituent un cumul d’inventaires partiels réalisés à partir de méthodologies hétérogènes et à des échelles cartographiques différentes. Elle se propose donc de réaliser un inventaire des inventaires de plans d’eau existants puis de proposer une méthodologie permettent un recensement qui vise à tendre vers l’exhaustivité au niveau national. Finalement, après avoir analysé 16 inventaires de plans d’eau, les auteurs sont arrivés à la conclusion que la France compte plus de 550 000 plans d’eau de plus de 1 are.

Consulter l'étude