Les dispositifs de surveillance des plans d'eau

Inventaires

Les inventaires disponibles sur les plans d’eau en France : l’étude Bartout et Touchard (2013)

La définition du plan d’eau retenue dans cette étude est : « collection d’eau stagnante, d’origine naturelle ou anthropique, retenu dans une cuvette ou derrière un barrage, permanent ou en eau en toute période hors vidange, d’une superficie supérieure à un are, qui est le seuil de taille retenue par les chercheurs travaillant sur les décomptes à l’échelle planétaire ».

L’étude relève que le recensement officiel de tous les plans d’eau du territoire français n’a jamais été fait, et que les chiffres avancés (généralement autour de 34 000 plans d’eau douce) constituent un cumul d’inventaires partiels réalisés à partir de méthodologies hétérogènes et à des échelles cartographiques différentes. Elle se propose donc de réaliser un inventaire des inventaires de plans d’eau existants puis de proposer une méthodologie permettent un recensement qui vise à tendre vers l’exhaustivité au niveau national. Finalement, après avoir analysé 16 inventaires de plans d’eau, les auteurs sont arrivés à la conclusion que la France compte plus de 550 000 plans d’eau de plus de 1 are.

 

Réseaux et bases de données

Plusieurs réseaux d'acteurs sont organisés autour des plans d'eau. Chaque réseau dispose d'une base de donnée qui permet d'avoir accès aux informations sur les plans d'eau propre car il n'existe pas encore de base de données referentielles unique recensant l'ensemble des plans d'eau en France.

 

Réseau Lacs sentinelles (Asters - CEN Haute-Savoie)

Le réseau "Lacs Sentinelles" a pour vocation : d'améliorer les connaissances sur le fonctionnement des lacs d’altitude; d’identifier les menaces qui pèsent sur ces lacs, notamment celles liées aux changements globaux; de définir les actions de gestion à engager sur ces milieux, afin de mieux les préserver.
Coordonné par Asters, le réseau réunit des gestionnaires d'espaces protégés et de milieux aquatiques, des scientifiques, et des usagers des lacs d'altitude (associations de pêche, exploitants d’usines hydroélectriques …) : les gestionnaires agissent sur le terrain en assurant la surveillance des lacs sur le long terme; les scientifiques sont garants de la qualité et de l'analyse des données collectées. Ils permettent à l'ensemble des acteurs de mieux comprendre le fonctionnement de ces systèmes et les enjeux en présence; les usagers des lacs (pêcheurs, promeneurs, etc…) partagent leurs attentes concernant le devenir des lacs. Ils apportent leur connaissance historique des sites et des pratiques associées. 
Ce réseau, agit à 3 échelles : une veille générale qui porte sur les études engagées sur d’autres lacs d’altitude, à l’échelle de l’arc alpin ou d’autres massifs; un observatoire centré sur 25 lacs d’altitude suivis régulièrement et sur le long terme; un programme de recherche sur les lacs « pilotes », qui font l’objet de programmes de recherche pluridisciplinaires qui permettent d’appréhender leur fonctionnement et leurs réactions aux changements globaux. 

Observatoire des lacs alpins (OLA)

La base de données de l'Observatoire comporte toutes les données relatives aux suivis des lacs quel qu'en soit le thème (phytoplancton, zooplancton, poisson, physico-chimie, etc). Les données en présence sont d'une part des données obtenues in situ comme par exemple les données sondes donnant des profils sur toute la profondeur du lac (pH, T°, turbidité, transparence, fluorescence, etc) et d'autre part des données issues de comptages ou d'analyses, obtenues en laboratoire à partir des prélèvements. Le projet "suivi des lacs" donnea accès à des informations sur les trois grands lacs alpins que sont le Léman, le lac d'Annecy et le lac du Bourget.

Le SOERE OLA est rattaché pour sa gestion à l’UMR Carrtel (INRA-Université de Savoie). La gouvernance du système d’observation et d’expérimentation au long terme pour la recherche en environnement (SOERE), revue en 2013, s’appuie désormais sur : un conseil d’utilisateursreprésentant les principales thématiques scientifiques fondatrices du SOERE (limnologistes, chimistes, microbiologistes, sédimentologistes, modélisateurs);  un conseil scientifique impliquant 4 experts extérieurs aux laboratoires partenaires du SOERE.

Pour accèder aux données recueillies sur ces lacs, il est nécessaire de faire une demande d'inscription via le site internet du SOERE OLA.

 

Suivi des plans d'eau DCE

Les plans d'eau inscrits au titre de la DCE sont suivis sur l'ensemble des critères du bon état définis dans la DCE par les Agences de bassin correspondantes.

Base référentielle "Masse d'eau Plan d'eau"

Administrée par le Sandre et alimentée par les agences de l'eau, cette base de données nationale sert de reference pour le rapportage de données lié à la DCE. La dernière version est disponible sur le site internet du Sandre.

Cette base de données référentielles ne contient pas les plans d'eau d'une surface inférieure à 50 Ha.

 

Suivi thermique des plans d'eau

Un appel à candidature a été lancé au début de l'été 2018 par le Pôle Plans d'eau pour constituer un réseau national de suivi thermique des plans d'eau.

 

Réseaux des sites pilotes de Restauration des plans d'eau (lacs)

Le projet développé par le Pôle AFB-Irstea « Hydroécologie des plans d’eau » a pour but de proposer un cadre commun visant à harmoniser les suivis des actions de restauration hydromorphologique des littoraux des plans d’eau.

Il a pour objectifs de fournir une méthode de suivi adaptée aux différents types de restauration et permettant de collecter des données standardisées, de renseigner sur l’efficacité des actions entreprises, d’évaluer les réponses des communautés biologiques sur le long terme et de capitaliser des retours d’expérience à la fois documentés et rigoureux.

Un guide méthodologique proposant une méthode et des protocoles de suivi opérationnels et standardisés est en cours de finalisation.

Dès 2019, cette méthode sera appliquée sur des sites pilotes puis, à terme, sur un réseau national de sites de démonstrations. Sur ce dernier des suivis complets seront déployés avec comme objectifs l’amélioration des connaissances quant aux trajectoires d’évolution des sites restaurés et la comparaison inter-sites.

Ce projet repose sur la collaboration entre chercheurs, gestionnaires et acteurs locaux impliqués de la phase de constitution du réseau à la mise en œuvre de la méthode. A terme, il devrait permettre d’aider à la fois les chercheurs à mieux comprendre la dynamique des milieux lacustres et les gestionnaires dans leurs projets de restauration futurs.

Les personnes souhaitant proposer un site dans le cadre de la création du réseau et/ou avoir plus d’informations concernant ce projet sont invitées à prendre contact avec les personnes en charge du projet.

Réseaux des lacs d'Adour-Garonne

Le bassin Adour-Garonne compte près de 4000 lacs d’origine, de typologie et de superficies diverses, et faisant l’objet d’usages multiples. La directive cadre européenne sur l’eau (DCE) permet d’assurer, depuis 2007, la surveillance des de plus de 50 hectares. En Adour-Garonne, seuls 107 lacs, soit 2,7 %, répondent à ce critère de suivi imposé.

Le fonctionnement de la majorité de ces milieux restant ainsi peu connu, l’Agence de l’eau Adour-Garonne incite les partenaires locaux, à travers son soutien technique et financier, à mettre en œuvre des réseaux complémentaires pour suivre la qualité de ces sites non surveillés pour la DCE.

Des réseaux opérationnels et fédérateurs

Engagés sur des programmes de 3 ans, ces réseaux sont portés par différents partenaires qui en assurent la maîtrise d’ouvrage (Départements des Landes, de la Dordogne, de la Haute Garonne, Union des Fédérations de pêche du Bassin Adour-Garonne) et permettent le suivi d’une quarantaine de plans d’eau sur le bassin.

La mission des partenaires s’articule ainsi autour de la planification mais également de la validation et de la valorisation des données. Il s’agit là de véritables projets fédérateurs, permettant à tous les acteurs locaux de s’approprier cette thématique dans l’esprit de partenariat développé avec l’Agence de l’eau.

Un outil pour l’expertise et le partage de connaissances des milieux.

Les suivis mis en place s’inspirent du protocole imposé par la DCE sur les plans d’eau de plus de 50 hectares. Ils s’organisent ainsi autour de 4 campagnes saisonnières consistant, pour chaque site, à effectuer différents types de relevés pour l’étude de la physicochimie, du phytoplancton et de l’hydromorphologie. Tel que développé aujourd’hui, ce réseau permet surtout de prendre en compte l’expertise technique des partenaires locaux, réelle plus-value dans l’analyse et la valorisation des données.

Toute cette connaissance est partagée via le portail de bassin, lieu unique et fédérateur, où toutes les données acquises peuvent être consultées.

Autres réseaux