2 prix "zones humides" pour le Concours agricole national des Prairies fleuries

Le 7 décembre dernier, a eu lieu la remise des prix du Concours agricole national des Prairies fleuries à l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture à Paris.

Pour cette troisième édition, 250 exploitations agricoles de 31 Parcs (23 parcs naturels régionaux, 5 parcs nationaux et 3 parcs transfrontaliers) ont participé à ce concours, qui vise à récompenser l’excellence agri-écologique des prairies présentées, c’est-à-dire le meilleur équilibre entre valeur fourragère et biodiversité.

Le concours s’est tout d’abord déroulé de manière parallèle au sein des 31 territoires de Parcs. Entre avril et septembre, les jurys, composés d’experts agronomes, écologues et apicoles, ont visité les parcelles candidates en présence des exploitants. Pour apprécier les qualités de chaque prairie, les jurys s'appuient sur un critère simple : la présence de fleurs facilement reconnaissables, choisies pour leur intérêt agronomique, écologique et mellifère et garantes d’un bon équilibre agri-écologique.
Les lauréats de ces parcs ont ensuite concouru au niveau national, et les résultats ont été proclamés lors de cette journée du 7 décembre à l’APCA.

Parmi les 8 prix décernés, 2 concernaient les zones humides :

  • Jean-Luc GRANDIN du PNR de la Forêt d’Orient pour le « Prix du meilleur équilibre agri-écologique », catégorie « Prairie de fauche en zone humide / vallée alluviale »

Polyculture/élevage en bovins lait/viande et céréales

D’une surface de 20 ha, cette parcelle caractéristique de l’habitat « prairie alluviale » est située en plaine dans un contexte forestier marqué. Elle joue un rôle fourrager significatif dans l’exploitation, aussi bien pour le stock de foin que pour la pâture d’automne. Elle témoigne ainsi de l’intérêt économique de ce type de surface dans les exploitations, dès lors qu’elles sont exploitées de façon adaptée (extensification volontairement mise en oeuvre par l’exploitation depuis 20 ans). La fauche qui semble tardive (début juillet en plaine) correspond en fait à un stade adéquat de maturité et de croissance de l’herbe en situation humide (grâce à la souplesse d’exploitation) et correspond à une période adaptée pour exploiter la parcelle (bonne portance des sols). Cette fauche tardive et le maintien du bocage assurent également le maintien de la diversité floristique et une potentialité remarquable pour la nidification de l’avifaune.

  • Fabien LEGAL du PNR de la Brière pour le Prix spécial « Marais côtier »

Exploitation en bovins viande en agriculture biologique

Parcelle de 3 ha de marais dans un vaste ensemble de surfaces du même type présentes sur l’exploitation, elle témoigne d’une bonne gestion des potentialités agronomiques et écologiques des marais par les pratiques d’élevage. Ceci est notamment permis grâce à la diversité des faciès de végétation liée au gradient d’humidité, qui assure une croissance de la végétation sur une très longue période et quel que soit les niveaux d’eau dans la parcelle. La valeur alimentaire de ce type de végétation, réelle mais mal connue, est ici bien valorisée dans la production, puisque le marais assure la quasi-totalité du foin consommé par les animaux en hiver. Les pratiques permettent dans le même temps de favoriser le développement d’une forte biodiversité (faune, flore), spécifique à ce type de milieu, en évitant son « atterrissement » et sa dégradation par l’envahissement de quelques espèces spécialisées (roseaux).

 

Le succès de ce concours montre qu’il s’agit d’un formidable outil pour dépasser les oppositions classiques entre protection de la nature et production agricole et mettre en avant les concepts que les parcs souhaitent promouvoir pour la future politique agricole commune.

 

Pour en savoir plus

Site internet du Concours Prairies fleuries